Portrait d’une reprise réussie

Un projet continu, du cédant au repreneur

  • 22/09/2016
  • CMAR Aquitaine

Transmettre son entreprise, c’est aussi léguer ses idées et sa façon de concevoir sa société. Ce n’est pas toujours évident de trouver le bon repreneur, la personne qui partagera cette même vision et, mieux encore, la développera. L’interview croisée du cédant (Alain Lemoine) et du repreneur (David Dutrieux) de l’entreprise d’enseignes et de signalétique Alperi, à Coulounieix-Chamiers, donne une idée de ce à quoi peut ressembler cette rencontre.

 

 M. Lemoine, quand avez-vous pris conscience qu’il fallait préparer votre transmission ?

Alain Lemoine : Dès que j’ai racheté l’entreprise en 2007. J’avais déjà 60 ans et je savais que je ne pourrai pas la développer autant que je l’aurais voulu. J’avais créé Alperi Pub et racheté la société de Jacques Vergnaud, j’avais fusionné les deux et je voulais continuer à développer le résultat. Il fallait donc quelqu’un de plus jeune pour poursuivre mon projet. 

 Quelles démarches avez-vous effectué ?

A.L : J’ai contacté la plupart des grandes instances comme la Chambre de Métiers et de l’Artisanat mais aussi mes relations. J’ai fait appel à mes clients, à des investisseurs, des personnes susceptibles d’être intéressées ou de connaître quelqu’un qui serait intéressé. Beaucoup de gens ne comprenaient pas ma volonté de développement, alors j’ai continué à chercher. J’ai mis trois ans à trouver la personne idéale, c’était David.

 M. Dutrieux, depuis combien de temps envisagiez-vous de reprendre une entreprise ?

David Dutrieux :  En fait, je n’avais pas vraiment de projet défini. Je sortais à peine des études et j’étais freelance à Bruxelles, lorsqu’un jour, on m’a proposé de reprendre Alperi Pub (qui est devenu aujourd’hui Alperi). Je suis originaire de Dordogne et j’ai vraiment envie de faire bouger les choses ici, alors je me suis lancé. J’ai d’abord travaillé au sein de l’entreprise comme stagiaire graphiste. J’ai commencé à laisser mon empreinte dans la façon de travailler de la société. Et, au printemps 2015, je suis devenu le nouveau gérant. 

 Pourquoi une reprise plutôt qu’une création ?

D.D : Une création d’entreprise c’est toujours plus compliqué et plus cher. Là, j’ai appris la filière commerciale que je ne connaissais pas trop et j’ai apporté le côté création graphique. Aujourd’hui, Alperi est l’une des seules sociétés à proposer une véritable identité visuelle, on peut faire une communication complète, de la création de l’image jusqu’à la pose sur le support.

 Quel a été l’accompagnement de la Chambre de métiers et de l’artisanat ?

D.D : Je connaissais un peu les aides à la reprise, j’avais déjà fait mes tableaux d’emprunt et mes prévisionnels. La Chambre de métiers et de l’artisanat m’a aidé à monter le dossier pour obtenir une aide financière très importante, celle d’Initiative Périgord. Et aujourd’hui encore, nous sommes régulièrement en contact.

 M. Lemoine, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite préparer sa transmission?

A.L : Il faut s’appuyer sur les instances existantes, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat et les autres. Mais il faut aussi faire des démarches plus personnelles, s’adresser à une audience ciblée. Aujourd’hui, j’aimerais aider de jeunes entrepreneurs à développer leur affaire, à ne pas avoir peur de gravir les marches jusqu’au succès.

 

Paroles d’experts

 

Stéphane Dubreuil*, responsable MNRA du secteur Dordogne

 Comment est calculée la future retraite d’un artisan?
Il existe des méthodes de calcul simples et précises (moyenne des 25 meilleures années travaillées x 68%). Mais le plus simple est de faire réaliser un diagnostic en protection sociale que nous ferons pour vous gratuitement à votre demande. Ainsi vous saurez quel sera le montant exact de votre retraite !

 Comment améliorer réellement  sa future retraite ?
Vous avez les contrats de retraites complémentaires non obligatoires, faciles à mettre en place, les offres sont nombreuses (Madelin/vie/Plan d’Épargne Populaire…) mais les contrats ne sont pas toujours très clairs. Là encore la MNRA peut vous aider à mieux comprendre les contrats que vous avez ou souhaiteriez mettre en place.

*MNRA : Mutuelle Nationale de Retraite des Artisans

Pour en savoir plus | Stéphane Dubreuil 06 65 33 36 15

 

Jean-Louis Pomier : avocat en droits des sociétés

 5 conseils pour bien réussir sa transmission d’entreprise

Choisir le bon moment, savoir pourquoi on vend, se poser les bonnes questions.
Se rapprocher d’un expert (expert-comptable, Chambre de métiers, avocats…)

Bien évaluer le prix de vente et se renseigner sur les exonérations, impôts… dus à une cession d’entreprise
S’informer sur les capacités financières et professionnelles de l’acheteur.
Bien préparer et prévoir les délais de vente.

Pour en savoir plus | Ordre des avocats |
batonnier-perigueux@orange.fr

 

Philippe Escrouzailles, président de l’Ordre des experts-comptables 

 5 conseils pour bien réussir sa transmission

Anticiper pour  mettre en place la stratégie patrimoniale du chef d’entreprise.
Connaître la valeur de son entreprise pour avoir une vision claire et objective de la réalité du marché
et de la situation de sa propre entreprise en connaissant les points forts et les points faibles de cette dernière.

Ne pas se rendre indispensable, le chef d’entreprise ne doit pas être la seule valeur de son entreprise s’il veut pouvoir la transmettre dans de bonnes conditions.
Sécuriser les termes et conditions de la transmission.
Se faire accompagner : Il est important d’écouter les conseils habituels et désintéressés de ceux qui connaissent généralement bien l’entreprise et sauront évoquer avec l’artisan tous les sujets sans complaisance et de façon directe (experts-comptables, Chambre de Métiers, avocats…)

Pour en savoir plus | Ordre des experts-comptables | 05 55 33 10 19