Innovation

Un atout pour l’entreprise

  • 02/07/2015
  • CMAR Aquitaine
En lançant une nouvelle gamme de produits dédiée à une clientèle de particuliers, Bruno Cazenave, gérant de Confort + (Hagetmau), s'est lancé sur un nouveau marché et dans un défi ambitieux.
En lançant une nouvelle gamme de produits dédiée à une clientèle de particuliers, Bruno Cazenave, gérant de Confort + (Hagetmau), s'est lancé sur un nouveau marché et dans un défi ambitieux.

 Investissement pour l’avenir, l’innovation apporte de la valeur ajoutée à l’entreprise et peut prendre plusieurs formes, sans forcément passer par la case Recherche et Développement. Le point sur un concept en évolution.

Contrairement aux idées reçues, l’innovation ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle ne résulte pas non plus systématiquement d’un travail de recherche et développement ni ne sort forcément d’un laboratoire. En revanche, elle recouvre d’autres notions, comme la modernisation de l’organisation de l’entreprise ou encore la stratégie commerciale. Ainsi, structurer l’entreprise et l’équiper d’outils technologiques pour rendre la prestation plus réactive ou prospecter une nouvelle cible sont des projets considérés comme innovants. C’est dire si l’innovation, par ses multiples facettes, concerne les entreprises artisanales, qu’elles soient dans le secteur de la production ou des services. D’ailleurs, « les artisans innovent souvent sans le savoir, en mettant au point un procédé ou en le perfectionnant pour répondre à la demande d’un client », indique Michel Pauliac, Directeur adjoint Économie, Innovation, Sécurité, Qualité de la section Dordogne de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de région Aquitaine (CMARA). Toute la difficulté consisterait alors à passer de l’idée et du concept unique à sa duplication…

Axe de croissance

Or, l’innovation représente un axe de croissance. Conquérir de nouveaux marchés, s’offrir un passeport pour l’exportation, faire face à la concurrence ou encore fidéliser ses clients sont autant d’actions qui permettent d’assurer la pérennité de l’entreprise et lui ouvrent des perspectives. « Dans l’artisanat, la majorité des projets concerne des améliorations de produits ou de process », reconnaît Michel Pauliac. Les demandes de conseils auprès des services des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) émanent autant de porteurs de projets en phase de création d’entreprise (52 %) que d’entreprises en activité (48 %). Car l’innovation n’est pas que l’affaire des jeunes pousses. Toutes les entreprises devraient investir pour s’adapter aux exigences de leur marché et de leur environnement, voire pour anticiper les évolutions et se positionner comme pionnières en prenant une longueur d’avance.

Quels acteurs pour vous accompagner sur le chemin de l'innovation ?

Complexe, le parcours du chef d’entreprise qui décide d’innover l’est, c’est indéniable. Pour autant, cette complexité ne doit pas être rédhibitoire. De nombreux conseils sont effectivement en mesure de vous soutenir. Plus de la moitié des entretiens réalisés par les conseillers des CMA avec des porteurs de projets (58 %) porte sur des questions liées à la propriété industrielle selon une enquête menée par la CMARA. La démarche de demande de dépôt de brevet, incontournable, permet en effet de protéger et valoriser les inventions, innovations et créations. « En France, seul le dépôt permet d’acquérir ce droit et d’agir en contrefaçon », rappelle Caroline Marquet, adjointe à la déléguée régionale de l’INPI. D’ailleurs, l’INPI propose une gamme de services de coaching adaptés à chaque typologie d’entreprise, dont les TPE artisanales. « Nous visitons les entreprises pour identifier leur patrimoine immatériel et les aider à le protéger et le valoriser », ajoute-t-elle. L’enjeu étant de se protéger le plus tôt possible. Autre soutien, décisif dans l’accompagnement de l’innovation : les conseillers des CMA. Formés aux problématiques liées à la conduite de projet innovant, ils utilisent une méthodologie spécifique qui commence par un bilan conseil innovation. « Nous intervenons à plusieurs niveaux, en mettant l’accent sur les étapes clés de la gestion du projet et en participant à la recherche des compétences nécessaires via le réseau Innover en Aquitaine dont nous faisons partie », explique Michel Pauliac, conseiller en développement à la section Dordogne de la CMARA. Un gain de temps pour rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Mieux, « le suivi s’organise à moyen et long terme, pas seulement au démarrage du projet », ajoute-t-il. Veille réglementaire, calcul du coût de revient, recherche des aides, le conseiller est sur tous les fronts, de la détection du projet à son aboutissement.

Quelles aides pourfinancer l'innovation ?

De nombreux artisans autofinancent leurs innovations par méconnaissance des dispositifs existants et par manque de conseils. Or il existe plusieurs types d’aides pouvant être octroyées aux porteurs de projet. Parmi les principales sources de financement, l’Agence Développement Innovation (ADI) participe à l’étude technico-économique par le dispositif « Prestation Technologique Réseau » (PTR), d’un montant maximum de 10 000 €. Le Conseil Régional d’Aquitaine soutient certains projets artisanaux via son Aide à l’innovation. BPI France peut également être sollicité. D’autres coups de pouce existent. Comme le Crédit d’impôt recherche (CIR), une aide fiscale fixée à 30 % des dépenses en R&D. Enfin, les prêts bancaires sont susceptibles d’accompagner l’innovation. Là encore les conseillers de la CMA peuvent aider le chef d’entreprise à monter son dossier et à se rapprocher des banques les plus enclines à porter les projets du secteur artisanal.

Zoom sur le coup de pouce de Novus

Lancé en 2014 par le Conseil Régional d’Aquitaine et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de région Aquitaine, le dispositif NOVUS vise à accompagner et valoriser l’esprit de créativité et d’innovation des artisans.  Quatre lauréats régionaux ont été mis à l’honneur le 1er juin dernier lors de la remise des trophées Novus à la Chambre de métiers et de l’artisanat des Pyrénées-Atlantiques à Bayonne. Le girondin Laurent Possenti (société Serviflex) dans la catégorie innovation organisationnelle et trois Périgourdins, Didier Catelin (société Malicor) dans la catégorie innovation produit, Jean-Marc Pradier (SAS Pradier) dans la catégorie innovation procédé et Emmanuelle Durand (société « Les sucrés-salés de Mathilde ») dans la catégorie innovation commerciale. Les vainqueurs se partagent une dotation de 10 000 €. La remise des trophées a été précédée par un débat dédié à l’innovation animé par le groupe de presse Sud-Ouest au cours duquel Hubert Candelé, le dirigeant de Bastidarra, la laiterie artisanale basque spécialisée dans la production de spécialités laitières, et Rachel Exposito, dirigeante de la société Les couteliers basques à Bidart, sont venus témoigner. Les experts présents, Aquitaine Développement Innovation, Aquinov, la Société Générale, et le réseau des CMA, en ont profité pour rappeler les fondamentaux en matière d’accompagnement et de suivi. Pour rappel, le dispositif Novus est un appel à projet destiné à repérer et accompagner les artisans engagés dans une démarche d’innovation entrant dans l’une des quatre catégories suivantes : produit, procédé, innovation commerciale et organisationnelle. Parmi les 193 entreprises candidates en Aquitaine, 90 ont été sélectionnées et ont pu bénéficier, pendant 18 mois, d’un accompagnement par un expert de l’innovation tout au long de la démarche du projet : recherches de compétences, partenariats, financement, plan de projet, design, propriété intellectuelle, etc. Au final, 24 projets ont été retenus pour concourir au prix régional de l’innovation artisanale Novus. 

Plus d'infos | Rendez-vous sur artisanat-aquitaine.tv pour découvrir en images la cérémonie de remise des Prix Novus.