Dossier

Les femmes et les hommes de l’artisanat aquitain

  • 18/09/2015
  • CMAR Aquitaine

Riche en secteur d’activité et en opportunités d’affaires, la premièreentreprise de France attire des profils hétérogènes en quête d’authenticité, d’autonomie, de développement personnel et de rentabilité économique.

Avec un total de 71 568 entreprises au 30 juin 2015, le nombre d’entreprises artisanales continue à progresser en Aquitaine (+ 2,33 % par rapport à la fin du 1er semestre 2014). Le secteur séduit car il est porteur de valeurs (production locale, proximité, savoir-faire, authenticité) redevenues à la mode. L’artisanat attire des profils traditionnels, qui se forment par la voie de l’apprentissage (certaines sections s’ouvrent également aux adultes en reconversion), même si celui-ci enregistre une légère baisse (5 504 contrats ont été signés au 31 décembre 2014 contre 5 757 l’année précédente, soit une baisse de 4,4 %). Mais ce n’est pas tout. Aujourd’hui, de jeunes diplômés de l’enseignement général ayant pris conscience du potentiel de la Première entreprise de France n’hésitent plus à franchir le pas. En phase avec son environnement, l’artisanat, historiquement réservé aux hommes de l’art ou du métier, s’ouvre également à des managers en quête d’une nouvelle vie professionnelle. Ainsi, l’engouement des cadres franciliens pour la reprise d’entreprise artisanale ne se dément pas en Aquitaine. La région les séduit par sa qualité de vie. Enfin, la population se féminise : au 1er janvier dernier, 16 512 dirigeants sont des femmes : elles représentent désormais plus d’un cinquième des dirigeants.

Création et reprise

Au niveau sectoriel, les femmes et les hommes qui investissent dans l’artisanat s’orientent vers le secteur alimentaire, qui affiche un solde largement positif (+6 %), dans le bâtiment, qui reste stable, ou encore dans la production, qui bénéficie du dynamisme des activités de fabrication d’articles divers et, dans une moindre mesure, du bois et de l’ameublement. Enfin, avec + 496 entreprises au cours du 1er semestre 2015, le solde du secteur des services demeure très positif.

Cette vitalité s’explique par la création d’entreprises mais aussi par les opérations de reprise. Cédants et repreneurs sont d’ailleurs accompagnés par le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat d’Aquitaine en partenariat avec le Conseil régional. « Concrètement, explique Hélène Crouail, chargée de développement économique, CMA de Région Aquitaine-Section Gironde, nous sensibilisons les dirigeants de 55 ans et plus (ils sont plus de 16 000) à la transmission via des campagnes de mailing et des réunions d’information, puis nous leur proposons un diagnostic préalable à la cession. Parallèlement, nous accompagnons les repreneurs via une étude de faisabilité du projet, une aide au prévisionnel et par un suivi lors des six premiers mois d’activité. » Un soutien rassurant pour ces entrepreneurs qui se jettent à l’eau…

S’orienter vers l’artisanat en passant par la case formation

Les nouveaux profils aux commandes des entreprises artisanales se distinguent par leur diversité. L’artisanat séduit de nombreuses personnes en quête de reconversion. Ces managers investissent pour reprendre des TPE employant des salariés et les développer, mais ne rechignent pas à se former au savoir-faire requis.

« Nous accueillons une grande variété de public », témoigne Éric Thenevot, directeur de la formation professionnelle à la Chambre de métiers à Agen. Des hommes et des femmes qui cherchent à réorienter leur carrière professionnelle frappent à la porte des chambres consulaires. Et pas seulement des quadras ou des quinquagénaires ! Au contraire, la reconversion aujourd’hui intervient plus tôt, parfois dès 25-26 ans à la suite d’une première immersion dans la vie professionnelle. Les postulants viennent du salariat, dans le privé, ou de la fonction publique, sont titulaires de diplômes de niveau V ou d’un Bac + 2, Bac + 3, voire plus, et rêvent de prendre les rênes d’une entreprise, alors qu’ils sont toujours en poste ou demandeur d’emploi…

Dans le Lot-et-Garonne, la Chambre de métiers et de l’artisanat les accompagne. Tout l’art étant de valider leur projet. « Nous proposons, à l’issue d’un diagnostic et d’une évaluation des motivations, la construction d’un plan de formation individuel adapté au projet qui tient compte de la formation initiale, de l’expérience et des compétences de chacun », ajoute Éric Thenevot.

Ces parcours permettent d’ajuster les ingrédients de la formation (en termes de volume d’heures et de matières) en fonction des besoins réels du futur artisan.

Artisans d’art : des professionnels d’exception !

L’artisanat d’art regroupe 217 métiers, répartis en deux grandes familles (les métiers de la création contemporaine et de la tradition, les métiers de la restauration et de la conservation du patrimoine mobilier et immobilier), c’est dire si les profils des artisans sont extrêmement variés. Pourtant, remarque Myriam Allein, animatrice régionale du Programme des métiers d’art pour les CMA d’Aquitaine, « ils ont en commun quatre caractéristiques : une sensibilité artistique et esthétique, un esprit créatif et ingénieux, un savoir-faire pointu, et enfin une forte implication dans leur travail ». Portés par leur passion, ils travaillent les matières (bois, métal, verre, terre, pierre, textile, etc.) et contribuent tous à la conservation du patrimoine ainsi qu’à son renouvellement.

Titulaires d’un CAP ou d’un certificat justifiant de leur qualification professionnelle, à la tête d’entreprise majoritairement individuelle et sans salarié, ces artisans-là sont plus hommes de l’art que managers. Pour les aider à développer leur structure, le réseau des CMA leur propose son appui. « Nous les accompagnons dans toutes les phases de la vie de l’entreprise, de sa création ou reprise, notamment via un partenariat avec Pôle Emploi, à son développement, en les aidant à monter leurs dossiers de financement d’investissements », explique Myriam Allein. La Région Aquitaine accompagne les CMA afin d’aider les artisans d’art à accéder à de nouveaux marchés et à promouvoir leurs activités via la participation à des manifestations collectives (Journées européennes des métiers d’art, ateliers portes ouvertes, Salon Ob’Art, etc.) ou le financement de différents dispositifs (édition de « Carnet de route des métiers d’art » par exemple), etc.

+ d’infos | www.metiersdart-aquitaine.fr

Des entrepreneurs qui s’adaptent constamment

Riche, l’offre de services des CMA pour accompagner les artisans dans le développement de leur entreprise couvre toutes les étapes de son cycle de vie, de la création à la cession. Elle s’articule autour de trois axes : le soutien aux filières (actuellement la pâtisserie et l’automobile), les thématiques spécifiques (innovation, environnement) et les programmes territoriaux. « Parfois, nous pouvons mobiliser les ressources issues de ces trois volets pour mener soit des actions individuelles (conseil, diagnostic) soit des actions collectives (formation, aide à la constitution de groupement) », commente Didier Dupouts, secrétaire général adjoint de la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Aquitaine. Le soutien à telle ou telle filière est acté en partenariat avec le Conseil régional. « Cette approche présente plusieurs avantages, elle est plus facile à appréhender par les artisans et nous pouvons travailler avec les organisations professionnelles », ajoute-t-il. Dans tous les cas, l’accompagnement se traduit sur le terrain par la présence des agents des CMA aux côtés des entrepreneurs.