Apprentissage

Les apprentis italiens dans nos cuisines

  • 02/06/2017
  • CMAR Aquitaine
Le chef Michel Dussau et son apprenti Nicolas

 

Éric Mariottat et Michel Dussau accueillent chacun depuis septembre 2016 un apprenti italien en contrat d’apprentissage cuisine. Retour sur expérience à mi-parcours. 

3 questions à Michel DUSSAU / Éric MARIOTTAT

Quelles sont les raisons qui vont inciter à embaucher un apprenti européen ?

Michel Dussau : les mêmes raisons que celles d’embaucher un apprenti tout simplement. Nous sommes en Europe et nous avons la chance que des jeunes issus d’autres pays que le nôtre ont envie de venir se former chez nous, c’est énorme ! Et en plus nous faisons voyager notre culture culinaire. J’ai une équipe jeune, accueillir Nicolas c’est aussi ouvrir l’esprit de mon équipe.

Éric Mariottat : Je suis très habitué à recevoir des étrangers dans ma cuisine. Actuellement, j’ai un stagiaire Japonais, je vais accueillir très prochainement un stagiaire de Santiago de Chili, alors quand Monsieur Malgarini (référent mobilité au CFA), m’a proposé un apprenti italien, je me suis dit pourquoi pas et en plus je suis d’origine italienne, ça aide ! 

Comment se déroule l’apprentissage ?

Michel Dussau : La plus grosse difficulté au départ, c’est évidement la barrière de la langue mais qui en six mois a été rattrapée. Nicolas progresse bien, comme un apprenti français. En cuisine, nous avons toujours les mêmes gestes, les mêmes rituels et notre apprenti italien a très vite compris et reproduit. Il s’est très bien intégré dans l’équipe et maintenant nous commençons même à proposer des plats italiens dans nos menus !

Éric Mariottat : Je suis tombé sur un garçon extraordinaire, d’une intelligence exceptionnelle. Quand il est arrivé, il ne parlait quasiment pas le français, aujourd’hui, huit mois après, Juan Lucas parle et écrit  notre langue. Je suis très fier de lui ! Il est visionnaire, on lui montre une fois et il est capable de reproduire et il est anticipatif, il voit les choses à faire. La barrière de la langue n’existe pas, nous avons un dictionnaire numérique en cuisine en cas de besoin. C’est merveilleux d’avoir des jeunes ainsi !

Seriez-vous prêts à reprendre un apprenti européen ?

Michel Dussau : Oui avec plaisir, sans aucun problème !

Éric Mariottat :  Oui, avec mon épouse nous souhaiterions même qu’une section européenne en service s’ouvre .

Et qu’en pensent nos apprentis italiens ?

Juan Lucas : Venir travailler en France fut une décision importante à prendre.  Ce qui m’a décidé, c’est quand je suis allez voir le site internet de la maison Mariottat. J’ai tout de suite compris l’opportunité qui s’offrait à moi. J’ai eu la chance d’être accueilli par Eric Mariottat qui m’apprend beaucoup et qui est toujours disponible pour moi. La cuisine ici, dans ce restaurant,  est très élaborée, c’est différent de ce que j’ai appris en Italie.  Je suis très content de travailler avec monsieur Mariottat et avec toute son équipe.

Nicolas : J’ai eu envie de venir étudier en France car La cuisine française est reconnue dans le monde entier et pour apprendre à parler le français. C’est important de parler plusieurs langues. Au début c’est difficile à cause de la barrière de la langue, mais quand on maîtrise le vocabulaire cela change complètement. Pour moi les techniques de bases en cuisine sont les mêmes qu’en Italie, ce sont les matières premières qui sont différentes.

Former un apprenti européen, ça vous tente ?

Espagnol, Grec, Italien... Quel que soit le pays de l’Europe dont il est issu désormais votre Chambre de Métiers vous offre l’opportunité de former un apprenti européen. Le CFA la Palme, de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat accueillera pour la 2e année consécutive,  dès la rentrée de septembre, des apprentis européens pour les former au CAP cuisinier, serveur ou barman sous contrat d’apprentissage. Les modalités d’organisation de la formation et les conditions du contrat sont identiques à celles d’un contrat d’apprentissage classique. Les jeunes apprentis Européens suivront les cours au CFA à raison de 12 semaines /an et 40 semaines en entreprise. Agés de 18 à 20 ans, issus d’un des pays de l’Union Européenne, les jeunes devront maîtriser des bases de la langue française pour s’adapter aux situations d’apprentissage. Dotée d’une première expérience dans le métier si possible, les futurs apprentis seront recrutés après un entretien de motivation. 

Si vous êtes intéressés par l’accueil dans votre entreprise d’un apprenti européen contactez notre référent Mobilité. 
Claude MALGARINI | Tél. : 05 53 77 23 45 / 05 53 77 47 77 Email : claude.malgarini@artisanat-aquitaine.fr